Le Cap Trinité est probablement la paroi la plus majestueuse
et la plus connue du Québec. S'élevant fièrement
hors des eaux du fjord du Saguenay, ce grand mur orangé est l'objet
des rêves les plus fous de générations de grimpeurs
passionnés.
Depuis au moins deux ans nous caressions le rêve de grimper cette
paroi, et nous avons enfin décidé au mois d'août
de nous lancer à l'aventure. À l'origine un projet que
Nicolas Leduc et moi mûrissions pour 2009, il n'a fallu que notre
chum François Desrosiers se joigne à nos discussions en
nous disant "et pourquoi pas cette année" pour que
nous décidions de hâter les choses et de nous frotter les
trois au plus tôt à ce mur mythique. Après tout,
à trois, le poids de la petite expédition est mieux réparti
sur chacun, l'entreprise est plus efficace et ça nous fait chacun
moins de longueurs à "leader" ! Nous pensions avoir
de bonnes chances de nous rendre au sommet, même si c'était
notre première expérience sur un mur de cette taille.
Nous avons jeté notre dévolu sur la classique Les
Grands Galets (V 5.7 C2+), la voie la plus fréquentée
du Cap. Le rocher est réputé pour y être généralement
de bonne qualité et tous les relais sont équipés
de plusieurs ancrages fixes - parfait pour se sentir en sécurité
et pour retraiter si le coeur flanche ! De plus, la difficulté
des passages en artif restait assez modérée. Bref, une
belle voie pour s'initier au Cap !
Les semaines qui ont précédé notre départ
ont été plutôt stressantes, d'autant plus que, comme
nous pensions réussir notre projet en trois jours, il fallait
se préparer à dormir sur la paroi et à traîner
tout le matériel nécessaire pour trois jours "de
camping" sur le flanc du colosse ! Pour ajouter au stress, nous
avons réussi à trouver notre deuxième portaledge
que la veille de notre départ et le gars du zodiak (car nous
nous rendions au bas de la paroi en bateau !) nous a fait faux bond
à la dernière minute, repoussant notre départ d'un
jour. Ces tracas de dernière minute se sont ajoutés à
tout le reste des préparatifs que nous faisions pour la première
fois pour une longue sortie du genre. Bref, on en a sué autant
à préparer notre entreprise qu'une fois rendus sur le
Cap !
Et une dernière tuile, tragique, s'est abattue sur nous la veille
de notre départ. Nicolas Leduc, pour des raisons familiales,
a dû se désister à la dernière minute. Dire
qu'on cajolait ensemble ce projet depuis si longtemps ! François
et moi avons malgré tout décidé d'aller voir le
monstre de près, même si, tout d'un coup, nous étions
pas mal moins confiants dans le résultat de notre projet... Mais
le pire qui pouvait arriver, c'est que l'on ne se rende pas en haut
!
Voici donc quelques photos de notre tentative sur le Cap Trinité
(oops, là je vends le punch...). J'espère que cela donnera
aussi le goût à certains d'entre vous d'aller un jour nous
aider à désherber les fissures du Cap !
(cliquez sur la photo ci-haut pour commencer la visite)
Un gros merci à la compagnie Black Diamond pour son support
lors de la préparation de notre projet !